Sur le thème « un client averti en vaux deux », voici le compte-rendu de la séance kafkaïenne d’hier qui illustre une approche révolutionnaire (?) des gains de productivité.
Pour des raisons de confidentialité, les types de prestation et noms des acteurs ont été légèrement codés. Mais l’histoire est parfaitement exacte.
Voici donc un prestataire de services de desktops qui produit des "stylos à billes" (c'est une image!). Il les produit au tarif ultra compétitif de 1 euro par stylo. Ce tarif est ferme et définitif pour toute la durée des cinq ans de contrat. Et il est valable dans tous les pays. Pour info, la consommation estimée de stylos à billes est de plus de 2 millions par mois.
Ledit prestataire s’engage sur un gain de productivité de 3% par an. C’est-à-dire qu’il va mettre en place des procédures qui vont diminuer de 3% chaque année le nombre de stylos à billes alloués aux utilisateurs (le client s’engageant de son côté à accompagner ce changement opérationnel).
Non seulement le prestataire ne touche pas à son prix de 1 euro par stylo, mais il est même précisé que s’il arrivait à faire fabriquer ses stylos en off-shore, le gain éventuel serait pour lui.
Vous avez bien lu "gain de productivité". Il y a quand même abus de langage. Parce que le coût de production n'est en aucun cas amélioré. Certes, le client paiera moins. Mais, fondamentalement, c'est lui qui fait les efforts pour consommer moins...
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